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| Le don du sang, un acte hautement charitable |
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| 17/05/2008 | |
Question
Au Nom de Dieu, le Clément le Miséricordieux. Nous vous remercions pour vos efforts et vos contributions dans la sensibilisation des Musulmans vis-à-vis de leur religion. Le don du sang est-il considéré comme un acte de charité, en particulier envers les malades ? Que Dieu vous rétribue.
Réponse de Sheikh
Yûsuf `Abd Allâh Al-Qaradâwî
Louanges à Dieu, et paix et
bénédiction sur le Messager de Dieu.
Le plus beau des services que peuvent
rendre la famille ou les amis d’un malade est de lui donner de leur sang si
celui-ci en a besoin lors d’un acte chirurgical ou d’une transfusion
consécutive à une hémorragie. Il s’agit là d’un don inestimable et d’un acte
hautement charitable, car donner de son sang dans ces circonstances revient à
sauver une vie humaine. Or le Coran a décrété dans le cadre de son discours sur
la valeur de la vie humaine que "quiconque tuerait une
personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est
comme s’il avait tué tous les hommes ; et quiconque lui fait don de la
vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes" [1].
Si le don d’argent en guise d’aumône a
une noble valeur dans la religion, et appelle une récompense divine, au point
que Dieu accueille ce don de Sa Main droite, et en multiplie la valeur jusqu’à
sept cent fois voire plus si telle est Sa Volonté, alors le don du sang est
encore plus méritoire et est plus largement rétribué. Car il est source de vie
et fait partie intégrante du corps humain, le corps humain ayant bien plus de
valeur que l’argent. Ainsi, c’est bien une partie de lui-même que le donneur
offre à son prochain par amour et solidarité.
La valeur et le mérite de cet acte
sont accrûs lorsqu’il s’agit de secourir une personne affligée, ou de venir en
aide à une personne désespérée. La récompense de cette charité est alors
démultipliée. Le Prophète nous a informé que : "Dieu
aime le secours de l’affligé." [2]
Un hadith authentique stipule par
ailleurs que : "Quiconque délivre un musulman
d’une affliction, Dieu le délivrera d’une des afflictions du Jour de
Il est d’ailleurs également rapporté
de manière authentique, d’après le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur
lui - que le secours porté à un animal affamé ou assoiffé est un acte hautement
récompensé auprès de Dieu. Cela est attesté par le hadith de l’homme qui a
abreuvé un chien mourant de soif, qu’il a trouvé haletant, en train de creuser
la terre à la recherche de l’eau. Il descendit alors dans un puits pour y
emplir sa bottine d’eau, la remonta en la serrant entre ses dents, et abreuva
le chien jusqu’à plus soif. Le Prophète - paix et bénédiction sur lui -
ajoute : "Dieu lui en sut gré et lui pardonna ses
péchés." Les Compagnons, étonnés, demandèrent : "Les
bêtes sont-elles pour nous une source de récompense divine, ô Messager de
Dieu ?" "Oui, répondit-il, comme tout ce qui a un coeur qui bat. [4]
Les Compagnons semblaient penser que
la bienfaisance envers ces créatures n’était pas rétribuée par Dieu, ou que la
religion n’y prêtait pas d’importance. Le Noble Messager leur a donc indiqué
que la bienfaisance envers tout être vivant est source de récompense, même s’il
s’agit d’un animal ou d’un chien, sans même parler de l’homme, et à fortiori de
l’homme croyant.
Le don du sang mérite donc une grande
récompense de manière générale, et cette récompense est doublée lorsqu’il
s’agit d’un don de proche à proche, car à l’acte de charité s’ajoutent le
renforcement des liens familiaux et la réaffirmation de la solidarité filiale.
Le Messager - paix et bénédiction sur
lui - dit à cet effet : "La charité faite à un
pauvre compte pour une charité simple. Faite à un proche, elle compte
double : une charité et un renouement des liens." [5]
La récompense de cet acte de charité
peut encore être multipliée si la relation entre les deux proches - le donneur
et le receveur - n’était pas au beau fixe, le diable les ayant séparés et
allumé entre eux le feu de la discorde et de l’animosité. Si l’un deux parvient
à surmonter son ego et à vaincre son diable, s’il parvient à franchir ce fossé
détestable auprès de Dieu et auprès des hommes, en donnant à son proche
besogneux de son argent ou de son sang, alors il aura commis un acte considéré
par le Messager - paix et bénédiction sur lui - comme la meilleure des
charités. Il dit en effet : "La meilleure des
charités est celle faite à un proche antipathique" [6], le proche antipathique étant celui qui
nourrit de l’animosité et de la rancoeur envers un membre de sa famille.
Dieu est le plus Savant.
Source: islamophile.org
Notes
[1] Sourate 5, Al-Mâ’idah,
[2] Hadith rapporté par Abû
Ya`lâ, Ad-Daylamî et Ibn `Asâkir d’après Ibn Anas ; conférer Fayd Al-Qadîr, 2/287.
[3] Hadith rapporté par
Al-Bukhârî et Muslim d’après Ibn `Umar ; conférer Al-Lu’lu’
Wal-Murjân, n°1667.
[4] Hadith consensuel
rapporté d’après Abû Hurayrah ; conférer Al-Lu’lu’
Wal-Murjân, n°1447.
[5] Hadith rapporté dans Al-Jâmi` As-Saghîr, d’après Ahmad, At-Tirmidhî,
An-Nasâ’î, Ibn Mâjah et Al-Hâkim d’après Salmân Ibn `Âmir ; le
hadith a été jugé solide par At-Tirmidhî et authentique par Al-Hâkim et
Adh-Dhahabî ; conférer Fayd Al-Qadîr
d’Al-Manâwî, 4/237.
[6] Hadith rapporté dans Al-Jâmi` As-Saghîr, 1° d’après Ahmad et At-Tabarânî
d’après Abû Ayyûb et Hakîm Ibn Hizâm, 2° d’après Abû Dâwûd,
At-Tirmidhî et Al-Bukhârî dans Al-Adab Al-Mufrad
d’après Abû Sa`îd, 3° d’après At-Tabarânî et Al-Hâkim
d’après Umm Kulthûm Bint `Uqbah ; le hadith a été jugé authentique par Al-Hâkim
et Adh-Dhahabî, selon les critères d’authentification de Muslim ; conférer
Fayd Al-Qadîr, 2/38.
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