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Ibn Al-Qayyim, rahimahullâh, nous dit que les clés de la patience face à la désobéissance sont au nombre de 10 :
- 1 - Comprendre que la désobéissance est un acte infâme,
et qu’Allâh l’a interdite pour nous préserver du vice et de la
bassesse, comme le père plein de tendresse cherche à préserver son
enfant de tout ce qui peut lui nuire. Avoir conscience de cela pousse
celui qui est doué de raison à abandonner la désobéissance, et ce même
s’il n’y avait aucun châtiment à la clé.
- 2 - Éprouver de la gêne envers Allâh.
Dès lors que le serviteur a véritablement conscience de la grandeur et
de l’importance d’Allâh, qu’il sait qu’Il l’observe et l’entend, il
n’ose pas par gêne, par pudeur envers son Seigneur désobéir sous Ses
yeux et s’exposer à Sa colère.
- 3 - Chercher à préserver les bienfaits qu’Allâh a donnés.
Les péchés éloignent en effet inéluctablement les bienfaits. Tout péché
entraîne la disparition d’un bienfait d’Allâh en fonction de la
désobéissance. Si le serviteur se repent, ce bienfait lui est rendu ou
un bienfait semblable. Mais s’il persévère, il ne lui est pas rendu et
la persévérance dans les péchés ne cesse d’éloigner de lui les
bienfaits d’Allâh jusqu’à l’en priver totalement. Allâh a dit : « Certes Allâh ne cesse de déverser Ses bienfaits sur un peuple tant qu’il ne les renie pas et ne se met pas à désobéir. » [s.13/v.11]
Et le plus grand des bienfaits, c’est bien l’îmâne. Les péchés comme la fornication, le vol, la consommation d’alcool… ont pour conséquence de
faire disparaître ou de dégrader l’îmâne. Il est ainsi arrivé à certains de nos pieux prédécesseurs de dire : « J’ai péché et j’ai été privé du courage de faire la prière nocturne pendant un an ». D’autres ont dit : « J’ai péché et j’ai été privé de la compréhension du Coran ». On a également l’habitude d’entendre ce pieux conseil : « Si tu profites d’un bienfait, préserve le, car la désobéissance fait disparaître les bienfaits. » Bref, la désobéissance est un feu pour les bienfaits, elle les consume comme le feu consume le bois.
- 4 - Craindre Allâh et craindre Son châtiment.
Et cela ne se réalise qu’en croyant fermement en Ses promesses et Ses
menaces, ainsi qu’en ayant foi en Lui, en Son livre et en Son messager.
Plus il y a de connaissance et de certitude chez le serviteur, plus ce
sentiment de crainte d’Allâh est fort. Moins il y a de connaissance et
de certitude, plus ce sentiment est faible. Allâh a dit : « Seuls ceux qui connaissent Allâh Le craignent d’une vraie crainte. » [s.35/v.28] Certains pieux prédécesseurs ont dit : « La crainte d’Allâh suffit en tant que science, et se tromper sur Lui suffit en tant qu’ignorance. »
- 5 - Aimer Allâh.
L’amour d’Allâh est l’une des clés les plus importantes de la patience
face à la désobéissance. Parce que l‘homme est ainsi fait qu’il est
obéissant envers celui qu’il aime. Et plus l’emprise de l’amour est
forte dans le cœur, plus la nécessité d’obéir et d’abandonner la
désobéissance est forte. La désobéissance et l’insoumission proviennent
de la faiblesse de cet amour et de son emprise. Qu’elle est grande la
différence entre celui qui est poussé à obéir à son maître par peur de
son fouet et de son châtiment et celui qui est poussé à cela par amour
pour son maître ! ‘Umar a dit à ce propos : « Quel bon serviteur que Suhayb : s’il n’avait pas peur d’Allâh, il ne Lui désobéirait pas pour autant.
» C’est-à-dire que s’il n’avait pas peur d’Allâh, l’amour qu’il Lui
porte l’empêcherait de Lui désobéir. L’amour ne provoque cet état de
soumission que s’il est accompagné d’une vénération et d’une exaltation
de celui qu’on aime. L’amour sans vénération ni exaltation ne constitue
pas un rempart contre la désobéissance.
- 6 - Posséder une âme noble et pure.
Parvenir à se respecter au point de ne faire que ce qui honore l’âme,
la conserve pure, et ne la rabaisse pas, et s’éloigner de ce qui est
indigne d’elle.
- 7 - Connaître de façon approfondie les conséquences et les effets néfastes de la désobéissance. On rapporte qu’Ibn ‘Abbâs a dit : « Les
bonnes actions procurent une luminosité du visage, une lumière dans le
cœur, une abondance dans la subsistance, une force dans le corps, et un
amour dans le cœur des gens envers soi. Quant aux mauvaises actions,
elles amènent une noirceur du visage, une obscurité dans le cœur, une
faiblesse dans le corps, une diminution dans la subsistance, une haine
dans le cœur des gens envers soi. »
- 8 - Garder en permanence à l’esprit que l’on n’est pas sur Terre pour longtemps
et qu’on va vite mourir. L’homme n’est qu’un cavalier qui s’est reposé
un instant à l’ombre d’un arbre puis a repris son chemin. Comme il sait
qu’il ne va rester longtemps et qu’il va devoir partir, il fait très
attention à ne pas se surcharger, et à laisser ce qui lui nuit et lui
est inutile. Le pire qui puisse arriver à l’homme est au contraire de
se comporter comme s’il était là pour très longtemps.
- 9 - Éviter les excès
dans son alimentation, dans son habillement, dans son sommeil et ses
fréquentations, car ces excès rendent plus difficiles l'engagement dans
les bonnes actions et mènent à la désobéissance. Et parmi les choses
les plus nuisibles, il y a l’oisiveté. En effet, l’âme humaine ne peut
pas rester sans rien faire. Si l’homme ne l’occupe pas avec ce qui lui
est utile, c’est elle qui l’occupera avec ce qui lui est nuisible.
- 10 - La solidité de l’arbre de l’îmâne dans le cœur. Cette clé englobe toutes les autres. La patience face à la désobéissance est fonction de la force de l’îmâne, de son enracinement dans le cœur. Plus l’îmâne est fort, plus la patience est complète. Plus l’îmâne est faible, plus la patience est faible.
Nous
cherchons refuge, ainsi que pour vous tous, auprès d’Allâh Seul contre
la désobéissance et nous Lui demandons de nous donner des connaissances
utiles pour une adoration qui Lui sera totalement adressée. Âmîne. |