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| Les dangers des passions et des désirs malsains |
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| 26-05-2008 | |
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Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur
notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses
Compagnons !
D’après des paroles d’ibn el Qaïyam el
Jawziya :
Si l’individu arrive à s’épargner des
épreuves des ambiguïtés (shubuhât) au niveau de la religion et des
passions (shahawât), il tend vers la perfection, le succès et la
béatitude, en se voyant en retour guider sur le droit chemin et jouir de
L’homme est éprouvé par deux
vices : l’un au niveau de la pensée –ce qui est la pire des deux formes –
(les ambiguïtés) et l’autre au niveau des actes (les passions). Il peut aussi
bien être éprouvé par l’une de ces deux formes que par les deux à la fois. Les
ambiguïtés (shubuhât) proviennent d’un manque de savoir et de
perspicacité. Celles-ci prennent plus d’ampleur si elles sont accompagnées
d’une mauvaise intention et si l’on se laisse entraîner par les mauvaises
pulsions (el hawâ). En suivant ces mauvaises pulsions en effet, on
s’éloigne du droit chemin. Ce genre d’épreuve mène à la mécréance et à
l’hypocrisie. Les ambiguïtés (shubuhât) sont caractéristiques aux
hypocrites et aux innovateurs qui font la confusion entre le vrai et le faux,
entre le droit chemin et les sentiers égarés. La seule façon de s’immuniser
contre ce genre d’épreuve, c’est de rester fidèle à
L’autre épreuve consiste à s’abandonner
à ses passions et à ses désirs. Ainsi, à l’origine de toutes les épreuves,
l’individu met en avant soit sa pensée au dépend de la religion soit ses
passions au dépend de la raison. Dans le premier cas, ce sont les ambiguïtés shubuhât
et dans le deuxième cas, ce sont les passions (shahawât). Seule la
certitude (qui s’acquiert par le savoir NDT) est à même de pallier aux
ambiguïtés (shubuhât) de même que seule la patience (qui s’acquiert
par la crainte d’Allah NDT) est capable de remédier aux passions (shahawât).
C’est pourquoi, Allah dit : (qui se
recommandent la vérité et qui se recommandent la patience ).[3] Dans
un autre verset, le Très-Haut dit : (Nous
avons fait d’une partie d’eux des exemples (Imam) guidés
par Notre Ordre, en raison de leur patience et, car ils étaient convaincus
par nos Signes (ou Versets)).[4] Certains anciens assument qu’avec
la patience et à la conviction, on obtient l’autorité dans la religion.[5]
Or, il est plus facile de patienter face
aux passions que d’en subir les conséquences. Les passions entraînent en effet
la souffrance et la punition ; la privation d’une jouissance pourtant bien
plus considérable ; une perte de temps à l’origine de futurs
remords ; la perte d’un membre qu’il est plus utile de garder ; le
gaspillage d’argent, une lésion à l’honneur que l’on n’a pas intérêt à
perdre ; la suppression d’un bienfait qui procure une jouissance bien plus
considérable et bien plus noble ; l’opportunité d’attirer les mauvaises
langues contre soi ; le souci, l’anxiété, la tristesse, et la peur qui
sont des sentiments bien moins avantageux en comparaison aux jouissances éphémères
que procurent les passions ; l’oubli de la connaissance pourtant plus
agréable à l’esprit que la jouissance des passions ; la réjouissance des
ennemis et la tristesse des amis ; l’obstruction des voies de la
prospérité à venir ; un défaut qui ne veut plus partir, car les œuvres
forgent la personnalité et le comportement.[6]
Par ailleurs, Allah (I) a installé la
haine entre l’ange et le démon, entre la raison et les passions, entre les
mauvais penchants (e-nafs el ammâratou bissou’) et le cœur (ou l’âme
paisible : e-nafs el mutma-inna ndt.). Il met ainsi Sa
créature à l’épreuve en procurant à chacun des rangs, des armes et du renfort.
Dans une lutte constante et acharnée, tantôt le bien l’emporte, tantôt le mal
l’emporte. Quand le déroulement de la bataille tourne en faveur du bien,
l’individu peut alors jouir du bonheur, de la réjouissance, de
l’épanouissement, d’un merveilleux butin et d’une vie heureuse. Mais quand les
événements tournent en faveur du mal, s’installent alors la tristesse, la
mélancolie, le souci, l’anxiété et le malheur.[7]
La pensée est à l’origine du bien et du
mal qui peut provenir de l’individu. Elle se situe avant l’intention qui vient
avant la motivation, l’ambition et l’action. Il existe toute sorte de pensée
négative comme le fait de former dans son esprit des plaisirs et la façon de se
les procurer.[8] Quiconque se laisse
dominer par ses mauvaises pensées, court à sa perte. Elles peuvent se
transformer à terme en vains espoirs comme un mirage à l’horizon. L’âme la plus
vile et la plus défaitiste est celle qui se satisfait des illusions. Il n’y a
pas pire pour l’individu que de se lancer dans des pensées imaginaires qui
engendrent la paresse, l’inaction, la négligence, le remord et l’envie. Il est
frustré de ne pas avoir accès aux plaisirs qu’il a concocté dans son esprit.
Seule la bassesse peut le conduire à se sentir à l’aise dans ce genre de
pensée. L’âme noble est celle qui refoule toute pensée imaginaire qui vient
traverser l’esprit. Le temps est précieux et il s’en va plus rapidement que les
nuages. C’est pourquoi, il ne faut pas le perdre dans des rêveries inutiles… à
une étape supérieure aux mauvaises pensées, il y a le passage à l’acte.[9]
Ainsi, à cause des péchés, on manque de
réussite, notre pensée est corrompue, on n’arrive pas à saisir la vérité, le
cœur se corrompt, la réflexion s’alourdit, on gaspille son temps, on fait fuir
les autres, un mauvais climat s’installe entre le serviteur et le Seigneur, les
invocations ne sont pas exaucées, le cœur se durcit, on perd la baraka
dans les biens et la durée de vie, on est privé du savoir, on revêt l’habit de
la bassesse, on est humilié par l’ennemi, on a la poitrine serrée, on est
éprouvé par les mauvaises fréquentations qui font perdre notre temps, on sombre
dans les soucis, la tristesse, le désespoir et on a une vie malheureuse… Les
péchés font oublier le rappel d’Allah de la même façon que l’eau cultive le
jardin ou que le feu brûle les aliments. Il se produit le phénomène inverse
pour la personne dévouée au Seigneur.[10]
L’adultère (a lui tout seul) engendre
la pauvreté, la discorde entre les hommes, il diminue la durée de vie, noircit
le visage, disperse le cœur, éloigne de l’ange et rapproche du démon…[11]
Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur
notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses
Compagnons !
Traduit par :
Karim ZENTICI
[1] Voir : Fawâid el Fawâid (p.
115-116).
[2] El muntaqa mi ighâthat e-lahfân (p. 416-419).
[3] Par les temps ; 3 voir : el muntaqa mi ighâthat
e-lahfân min masâyad e-shaïtân (412-415).
[4] La
prosternation ; 34
[5] Voir :
Ruddat e-Sâbirîn (p. 115-120).
[6] Fawâid el Fawâid (p. 387).
[7] Idem. (P. 409).
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