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Rôle joué par Bilal Ibn Rabah dans l’islam(Partie 2/3) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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18-07-2008

III Bilal est un bel exemple d’endurance

1 Bilal est persécuté mais résiste

Umayah, une fois chez lui, s’approche de la chambre de Bilal et l’entend psalmodier des versets. Edifié, il pénètre dans la chambre et trouve Bilal tout calme, imperturbable. 

« Que lis-tu ? » interrogea Umayah.

«  La parole de Dieu » répondit Bilal.

«  Quel dieu ? Et depuis quand un dieu est il en mesure de parler ? » Se moqua Umayah

«  Dieu a parlé, Il a révélé le livre à son serviteur » répliqua  Bilal et de poursuivre : «  Au nom de mon Seigneur, ceci est la vérité »

«  Qui est ton seigneur ? » demanda Umayah  

« C’est Dieu, maître des cieux et de la terre et de tout ce qui se trouve entre les deux. »
 

La conversation entre les deux hommes est intéressante à plus d’un titre. Elle révèle un autre homme.
Bilal garde tout son sang froid et cherche même à convaincre son maître.

Umayah pour sa part, croit que non seulement Bilal est son esclave mais il doit croire à ce en quoi il croit.

Bilal calme, déclare qu’il ne conteste pas le fait d’être esclave de Umaya, mais son âme, son esprit, ses sentiments lui appartiennent : «  Je suis ton esclave, mais libre de choisir ma croyance. »

Nul n’est en mesure d’interférer en la matière ou penser les contrôler. Il assène à l’endroit de Umayah : « Aucun pouvoir sur terre n’est en mesure de m’empêcher d’adhérer à ma propre conviction, de me forcer à renier la vérité de la foi en Allah. »

Par conséquent : «  O mon maître soit raisonnable et surtout ne perd pas ton temps »

Umayah ne s’avoue pas vaincu, il demande à Bilal de revenir à la raison, si non déclare-t-il :

 « Je t’extirperai cette âme que Muhammed a corrompue.»

 Bilal avec le même calme répond :

 «  Mon âme n’a pas été corrompue, elle a été guidée vers la voie droite. »

« Tu me désobéis ! » gronda Umayah

Bilal répond : «  Si je t’ai désobéi maître, c’est que je suis en train d’obéir à Allah »

Outré Umayah menace :

 «   Je jure par Lat et Uzza que je te punirai jusqu’à ce que tu abandonnes cette religion »

Bilal répond, déterminé :

«  Je jure par Allah que même si tu me coupais le corps morceau par morceau et me tuais à petit feu, jamais je ne renoncerais à cette chose, jamais je ne ferais cela »

Umayah lui rappela qu’auparavant  il lui obéissait comme sa propre fille et que lui de son côté l’avait toujours nourri à partir de ce qu’il se nourrissait, l’habillait de ce dont il s’habillait malgré le fait qu’il était esclave, fils d’esclave.

La réponse de Bilal ne se fit pas attendre :

 « Tu ne me donnais à manger et à porter rien d’autre que le produit issu de mes propres services. Tout était en retour des services que j’accomplissais pour toi et tes amis ».

 Bilal faisait allusion au profit qu’il lui faisait gagner. Et lui asséna:

 «  Désormais je ne solliciterai de toi ni la bonne chair, ni les habits chers. Je me contenterai désormais du minimum pour ce monde transitoire. Désormais je ne chercherai que la face de Dieu, son agrément, pour bénéficier du paradis dont l’étendue est aussi immense que celle de la terre et des cieux réunis ». 

   2 Bila se moque des terreurs                   

Avant l’islam sa vie était celle de l’esclavage, faite de monotonie, n’ayant droit ni à un salaire ni à l’espoir d’un lendemain meilleur.  

 Ses coreligionnaires assistaient impuissants à ses supplices. Rappelons que c’est la période où le coran enjoignait aux adeptes de la nouvelle religion de s’abstenir de se faire justice : N’as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit: « Abstenez vous de combattre, accomplissez la salat et acquittez la zakat ! »S IV- v 77.

En fin de compte Umayah  et son clan, mais tous les mécréants de la Mecque éprouvaient énormément de gêne du fait de ne pas pouvoir obtenir de Bilal le moindre mot de reniement.  Ils en souffraient. C’est ainsi que des amis à son maître le suppliaient de prononcer le seul plus petit mot ou même de montrer le plus petit signe d’allégeance envers les idoles pour le faire libérer. Bilal restait de marbre. Les tortures renforçaient sa foi. Sa résistance face à la cruauté, forçait l’admiration.

Finalement, Bilal était surnommé : « celui qui s’est moqué des supplices ».

 

 Cette étape de la vie de Bilal  est la plus marquante car il a su atteindre un tel degré d’endurance qualifiée de surhumaine. En cela on peut dire que  Bilal est un bel exemple offert non seulement à tout adepte de l’islam, mais à  l’humanité entière.

Cinq ans plus tard, il participa à la délivrance de la Mecque, fut parmi les rares privilégiés à entrer à pénétrer à l’intérieur de la Kaaba et contribua à la démolition des idoles. Après quoi, il fut à nouveau chargé par le prophète de monter su le toit de maison sacrée et de procéder à l’Azan.      

Cette conversation longue est vraiment intéressante, elle nous édifie sur  la vraie nature de la personnalité de Bilal.

Il se montre fervent défenseur de ses points de vue, de sa dignité. Elle lève un coin du voile sur sa capacité à la rhétorique, la justesse de ses propos.

L’esclavage est vraiment contre nature. Bilal montre une capacité extraordinaire à faire face à l’ignominie de l’asservissement.

Umayah, pour la première fois de sa vie est désarmé face à Bilal, complètement abasourdi.

Seule lui reste l’arme de la violence. Elle sera dure, féroce, implacable.
Bilal opposait à Umayah une belle argumentation tant qu’ils se situaient au plan du raisonnement.

Maintenant, il faut trouver une autre arme : Bilal use de l’arme de l’endurance. Nous verrons qu’il en dispose. Une endurance hors de portée d’un homme ordinaire.

Les tortures renforçaient sa foi.
Umayah entre dans une rage terrible. Il commence par troquer ses habits décents par des haillons tout sales.
Bilal accepte et offre de les endosser lui-même.

On commence par l’enchaîner, le frapper et on finit par le déshabiller avant de l’étaler nu, sur le sable ardent à midi.
Bilal s’exclame : «  Ahadun, Ahad » (Dieu est Un)

Puisqu’il semble ne point céder, il faut l’humilier.

Ainsi, il est livré aux enfants qui le prennent pour un jouet et tirent un immense plaisir à le traîner à travers les rues de la ville.
Tout cela ne change en rien sa détermination. Il continue de plus bel à proclamer :           «  Ahadun, Ahad »

Umayah monte d’un cran dans la rigueur de la violence. Une nouvelle fois, il est étalé nu sur le sable de braise et un rocher brûlant lui est installé sur la poitrine. La réaction de Bilal est : «  Ahadun … Ahadun »

Bilal donne la preuve que ni le teint ni l’esclavage n’altèrent la grandeur d’âme de la personne humaine lorsqu’elle s’appuie sur la foi, sur la défense de ses droits.
Ces tortures sont répétées à volonté et chaque jour davantage.

Mais puisque Bilal ne variait pas dans ses positions, on le soumettait à un chantage : rien que dire du bien de leurs dieux pour être sauf.

C’est que leur orgueil a été mis à rude épreuve. Il ne fallait pas qu’on puisse dire que la persistance, l’endurance  de l’esclave avaient vaincu.
Le soir, on faisait semblant de s’apitoyer sur son sort, on lui rappelait son appartenance au clan ; il n’avait pas le droit de l’avilir. Et  c’est un proche de  Umayah qui s’approchait pour lui proposer de prononcer ne serait ce qu’un seul petit mot auquel il ne croyait même pas, et le voilà  libre.

Il lui avoue : « C’est comme si c’est nous qui sommes torturés, vaincus ; prononce un seul mot ». Bilal lui répondait que sa langue n’était pas capable de le prononcer et poursuivait: «  Ahad..Ahad ».

Finalement c’était comme un hymne.

La capacité de résistance de Bilal est surhumaine, inouïe.

Certains auteurs[1] mentionnent qu’une fois, il fut carrément exposé sur des braises bien ardentes.
En fin de compte toute la ville était tout émue quant au  sort qui lui était réservé.

Umayah lui cria à la face :

«  Je ne ferai pas de toi un martyr, je te laisserai la vie sauve pour te faire subir plus de souffrance, plus d’humiliation. »

Bilal répondait :

« Si je connaissais d’autres mots qui te rendraient  encore plus furieux, je n’hésiterais pas à les utiliser. »

Des jours de plus, des mois Bilal ne changeait en rien. Certes, il était un esclave mais un homme de vertu et de principes. Tous les hommes sont nés égaux avec les mêmes potentialités.

Sa résistance face à la cruauté forçait l’admiration.

Une fois encore il donne la preuve que le caractère et la personnalité ne dépendent pas de la situation sociale de l’individu. L’homme au statut social privilégié peut être vicieux, tandis que l’infortuné peut bien être vertueux et pétri de caractère.
Alors,  Umayah se résolut à le faire mourir, il fallait en finir avec lui. Mais averti, Abu Jehl est d’un avis contraire :

« Le monde nous considérerait comme les vaincus »

«  Alors que faire? », interrogea Umayah :

«  Je n’ai jamais vu un homme aussi têtu, aussi apte à subir le supplice que ce fils d’esclave. »

Abu Jehl proposa qu’on l’exposât au supplice de la cotte chauffée. Cela consistait à lui faire porter une paire de cottes en fer et chauffées au soleil. Ensuite, pieds et mains liés, on l’exposait au soleil, le visage y faisant face.

Abu Jehl, rassure :

-         «  Il ne pourra pas le supporter pour longtemps. »
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Bilal était vraiment à bout de souffle, mais interpellé par Abu Jehl, la réponse tomba, brutale:    

-          « Ahad, Ahad »

Bilal s’adresse à  son seigneur :

«  S’ils veulent me tuer, soit, mais je ne sauverai jamais ma vie en vous reniant, O Miséricordieux. Dieu de Abraham, de Yunus, de Moussa, de Issa, délivre moi de ces tortures »
Abu Jehl était très obstiné, mais ne pouvait que se rendre à l’évidence. Pour lui aussi, il ne restait plus qu’à le tuer.

Ces tortures donnaient de la peine à tout le monde mais davantage à la petite communauté des croyants, le prophète en premier lieu. Même lui n’était pas exposé à un pareil  traitement : c’était cruel.

Bilal n’était pas le seul compagnon exposé à la colère des Koraïchites, tous ceux qui ne disposaient pas la protection d’un dignitaire de la ville étaient martyrisés. Certains étaient tout bonnement tués. C’était le cas de Soumayah, Yassir …

Pourtant la volonté de rendre coup pour coup, ne faisait pas défaut auprès des torturés, c’est la stratégie de l’autorité musulmane  qui s’y opposait. Allah et son prophète cherchaient à extirper du caractère arabe de l’époque cette propension séculaire à  la vengeance et cela à la moindre provocation.

Abu Bakr était aussi peiné et eut l’idée d’intervenir.

IV Bilal est affranchi

Abu Bakr alla à la rencontre d’ Umayah et l’interpella :

 «  Tuez vous un homme parce qu’il dit : Dieu est mon seigneur? »

Il lui proposa un prix pour le rachat de Bilal.
Umayah ressemblait à un naufragé qu’un bateau vient secourir.

Il avait perdu tout espoir de convaincre Bilal. Puisqu’il en était ainsi, le vendre était beaucoup plus bénéfique. Cinq ugiyas[2] furent proposés par Abubakr.

Umayah, à l’endroit de Abubakr s’écria :

 « Je te l’aurais vendu pour une once »

Ce dernier répliqua :

 «  Je te l’aurais acheté pour  100 onces »

Aussitôt racheté, Abubakr l’affranchit.

A l’instar de Bilal, d’autres esclaves purent bénéficier de la générosité d’Abubakr. Ils furent rachetés et libérés.

Mais les musulmans n’étaient pas encore au bout de leurs  peines. A cet épisode, suivit un terrible embargo au cours duquel la nouvelle  communauté des croyants fut véritablement éprouvée. Elle eut à manquer de tout.
Le prophète (psl), perdit à cette occasion, deux de ses plus précieux soutiens : son  épouse et financière, Khadidja ; son oncle et protecteur, Abu Talib.

Bilal vécut ce moment parmi les musulmans. Le voilà, une fois encore après avoir subi  les pires tortures, contraint de supporter une autre expérience faite de privations, de misère, de faim.

Entre temps, il avait perdu  du poids. Ses yeux étaient profondément enfoncés dans un  visage maigre, échancré et pâle. Pourtant cette fois ci, il était heureux de vivre parmi ses pairs à côté du messager d’Allah.

En effet ces privations n’étaient  nullement comparables au traitement auquel le soumettait son ex maître. Cette fois ci, il s’abreuvait à la source de la  spiritualité. L’embargo dura trois longues années et se révéla être inefficace  face à la détermination des croyants.

Signalons un incident qui mérite d’être relaté et qui est survenu vers la fin de l’embargo : un groupe de dignitaires mecquois vinrent demander à rencontrer le prophète, en exigeant que ce soit à l’insu des humbles gens. Le prophète qui espérait à travers cette entrevue, voir un certain nombre de dignitaires venir renforcer le groupe des musulmans s’empressa de donner son accord.

La désapprobation divine ne se fit pas attendre :

 «  Et ne repousse pas ceux qui matin et soir, implorent leur seigneur, cherchant Sa Face(Wajh). Leur demander compte ne t’incombe en rien, et te demander compte ne leur incombe en rien. En les repoussant donc, tu serais du nombre des injustes » S VI- verset 52.

Cela constitue une autre victoire et pour la justice et pour Bilal qui était un des symboles des déshérités. Le coran renchérit : «  Fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant(le faux) brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont  Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. » S : XVIII- V : 28. Le coran considère les gens comme Bilal pour  des dignitaires.

V Rôle de Bilal dans l’islam

1 Les qualités intrinsèques de l’homme

Bilal était véridique : il témoigna en défaveur de Khalid Abou Rouwayha lorsque ce dernier fit des démarches en vue de prendre femme.

Il était très ponctuel, ce qui lui permit de procéder à l’azan (appel à la prière) pour toutes les  5 prières quotidiennes.

Le prophète en témoigna auprès de sa femme.

Il était très digne  bien que très modeste.

Il était très fidèle envers l’autorité. Cette qualité lui permit de faire partie de la commission chargée d’enquêter sur la prétendue malversation de Khalid Ibn Walid lui-même.

Dès qu’on lui faisait des éloges, il baissait la tête, fermait les yeux et pleurait avant de rappeler ses origines d’esclave.

 « Je ne suis qu’un ancien esclave affranchi », disait-il.

D’après certaines sources c’est le prophète lui-même qui lui suggéra la fille qu’il prit pour épouse : Hind Al Khawalaniya et n’eut pas de progéniture peut être à cause des tortures  subies.  

Pour le présenter Omar disait de lui : «  Notre maître a affranchi notre maître ».Ce qui signifiait qu’Omar considérait Bilal autant qu’Abubakr comme son maître.

Même après sa libération Bilal est resté pauvre. Bilal était  très intelligent et véritablement capable de discernement. C’est d’ailleurs ce qui lui permit de distinguer le vrai du faux des propos des hôtes d’Umaya Ibn Khalaf et de franchir courageusement le pas de la conversion à l’islam.

Bien qu’esclave Bilal tenait à sa liberté de conscience.

A Umayah ben khalaf , il rétorqua :

 «  Je suis ton esclave mais libre du choix de ma religion. »

C’est un miracle de foi et de sincérité.

L’un des miracles de l’islam

Depuis le début de l’islam à nos jours, chaque fois que vous prenez 10 musulmans, les 7 connaissent Bilal .A travers les contrées du monde, si on posait à un écolier la question à savoir s’il connaissait Bilal, il répondrait par l’affirmative : « Oui, c’était le muezzin  du messager d’Allah. »

De nombreux héros de l’histoire parmi les plus notoires n’ont pas eu la renommée de Bilal.

Bilal va dérouter les pensées les plus perspicaces puisque grâce  à sa foi, il va atteindre un haut degré dans la hiérarchie sociale arabe de la période couvrant les premières années de l’islam.

Pourtant rien, ni dans sa généalogie ni dans sa vie antérieure ne le laissait prévoir.

Quelle bravoure, quelle grandeur à travers une vie très modeste.

      Il joua un rôle  de consolidation, de soutien durant les premiers moments de balbutiement.

Autre rôle et parmi les plus importants, en tant qu’esclave résistant, il contribua à l’effondrement du système social ancien.

Depuis la conversion de Bilal, on peut dire que son rôle est de montrer aux autres que la détermination sans faille est la voie la meilleure pour résister aux pressions de l’ennemi. Bilal est un exemple, il consolide le groupe de croyants.

L’hostilité envers l’islam ne faiblit pas depuis 13 ans, les persécutions sont à leur comble et le mot d’ordre pour l’émigration à  Médine est donné. Bilal  va devoir entreprendre le voyage en compagnie de Saad ibn Abi Waqass. Il aurait aimé être le compagnon du prophète, hélas le prophète en avait décidé autrement.

Les Muhadjirounes (émigrés) arrivent par vagues successives à Médine, la ville radieuse. Le climat y est clément, la végétation luxuriante et les affaires prospères.

Les Ançares (accueillants), leur proposent de partager la totalité de leurs biens. Les nouveaux arrivants déclinent l’offre et sollicitent que le chemin du marché leur soit indiqué.

Ils choisissent de gagner leur vie à la sueur de leur front. En peu de temps, certains parvinrent à bâtir une fortune considérable.

Rappelons que la première tâche du prophète à Médine fut l’édification d’une mosquée, la première pour les musulmans. Il y participa personnellement en compagnie de toute la communauté des musulmans, à sa construction, dans une ferveur indescriptible. Cependant la plupart  des musulmans ratèrent la prière commune. Se posa alors

 la question de savoir par quel  moyen il fallait procéder pour  appeler les fidèles à la prière.

Des propositions furent avancées : ne fallait- il pas  utiliser un cor, une cloche ? Le prophète rejette toutes ces suggestions  puisque ce sont  des procédés utilisés par les juifs, les chrétiens. Les musulmans n’ont pas le droit de les imiter.

Une formule fut révélée, suite à un rêve d’un  membre de la communauté des croyants.

Aussitôt, Bilal fut appelé. Il était celui qui était désigné comme devant procéder à l’appel. Perché sur le  toit de la mosquée Bilal entonna la fameuse formule. Celle que l’on entend jusqu’ à présent à travers les différentes contrées du monde et qui émerveille les touristes de passage en pays musulmans.  

La formule de l’appel :

Dieu est grand, Dieu est grand, Dieu est grand, Dieu est grand.

Je témoigne qu’il n’ya de Dieu qu’Allah

Je témoigne qu’il n’ya de Dieu qu’Allah

Je témoigne que Muhammad est le messager d’Allah

Je témoigne que Muhammad est le messager d’Allah

Accourrez à la prière

Accourrez à la prière

Accourrez à la réussite

Accourrez à la réussite

Dieu est grand, Dieu est grand

Il n’y a de Dieu qu’Allah

Rappelons qu’il disposait  d’une belle voix, bien résonnante, vibrante et mélodieuse.

Au Sénégal nous avons l’habitude d’entendre ce récit attribué au prophète qui, justifiant la mauvaise prononciation de Bilal du son « ch », disait que auprès d’Allah le « s » équivaut à « ch ». Nous nous rendons compte que la réalité est toute autre, Bilal disposait d’une prononciation parfaite. 

  Tous lui enviaient ce rôle. Abu Bakr avoua  un jour que jamais il ne s’était proposé à un quelconque poste, mais ô combien il aurait aimé être le premier muezzin de l’islam.

A suivre

Par Mamadou LO, historien

Lire  Partie 1/3

Lire  Partie 3/3



[1] Khaled Mohamed Khaled (1992), Ridjalou Khawla Rassoul (Des hommes autour de l’envoyé) Beyrouth Liban Dar El fikr.

[2] Abbas Maghmouth Al Akhat, garnd écrivain égyptien(1939) Bilal le muezzin du ciel Dar Al kitab Le Caire.

 

 
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